Mardi 7 juillet 2009
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11:40
Etre
journaliste, est-ce être encarté ou bien participer à l'élaboration d'un sujet sous toutes ces formes (presse, télé, radio ou web) ?
Pour les plus radicaux, forcément la carte de presse est incontournable ! Pour les autres, c'est bien autre
chose... Depuis six ans, j'exerce ce métier avec passion. Je donne beaucoup de ma personne et de mon temps. Six ans, c'est peu dans une vie. Et pourtant, je suis déjà écœuré de voir le
comportement malsain de certains de mes confrères et consœurs !
Alors oui, j'ose l'écrire, parmi les 37 307 journalistes encartés (possédant leur carte de presse en janvier
2009), dont je fais parti, combien méritent d'avoir cette carte tant convoitée ? Pas beaucoup... Et parmi les non encartés, les rejetés de la profession, combien méritent de pratiquer le
journalisme ? Un peu plus peut-être...
"Etre journaliste, c'est avant tout un état d'esprit !" Cette
phrase si bien dite qu'une de mes consœurs m'a souvent répété ces derniers jours ne cesse de résonner dans mon esprit. C'est vrai ! L'éthique, voilà le secret. Le don de soi, un autre élément.
Oublier l'hypocrisie et privilégier l'honnêteté. Ecouter les gens. Retransmettre sans moraliser, sans juger, simplement informer et donner les clés pour comprendre le monde si compliqué qui nous
entoure. Ignorer la fortune de Picsou et conserver un porte monnaie raisonnable, juste ce qu'il faut pour vivre décemment. Faire son métier honnêtement, sans briser des vies en deux secondes avec
seulement deux mots.
Comment peut-on au quotidien écrire, filmer ou prendre un son auprès de gens qui vivent dans la misère, qui se
font exploiter par leur patron ou encore agresser par des collègues, alors que vous-même vous pouvez à tout moment subir la même chose ? Certes, les agressions ne sont pas courantes. Mais
l'exploitation fait parti du milieu ! Combien de journalistes vivent dans la misère ? Des milliers ! Combien sont obligés d'arrêter ce métier ? Des centaines par an ! Combien vivent en dessous du
seuil de pauvreté ? Des milliers ! Combien bossent gratuitement ? Des centaines... Alors comment peut-on aller dénoncer des injustices alors qu'on est même pas foutu de balayer devant notre porte
! Lorsque je raconte à des amis mon quotidien de journaliste et tous ses travers on me répond souvent : "Comment tu peux travailler sans être payé ? Comment tu peux accepter cette situation ?
Comment ?..."
Si j'étais la seule, ce ne serait pas grave... malheureusement derrière la caméra, le décor est moisi et dégradé.
Les fleurs sont soient fanées soient artificielles ! Les responsables de ce délabrement n'ont pas envie de changer. La seule chose qui importe c'est le fric ! Puis vient l'égo qui se nourrit de
la notoriété. Bien sûr, pour que le décor calamiteux soit parfait n'oublions pas la dope, la méchanceté et le sexe.
Mieux vaut rester devant son écran, devant la caméra. C'est tellement plus jolie ces champs de fleurs et de
bonheur...
Par Les racines du Lotus
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